La discipline
La discipline s’est déréglée dans les années 1960 dans le sillage de la « crise de l’autorité » et de l’idéal égalitaire. La discipline est devenue suspecte et inopérante. Il est donc nécessaire de repenser cette condition fondamentale de l’école, de comprendre les causes de son obsolescence et d’imaginer de quelle façon il est possible de construire à nouveaux frais un espace de la « civilité scolaire ». Un espace qui n’évacue ni les obligations ni la sanction, mais prend en compte la sensibilité démocratique qui est le signe de notre époque.
Le malaise dans la discipline
Il résulte de la persistance de cet imaginaire de domination alors qu’il faudrait s’engager dans la recherche d’un nouveau modèle d’éducation correspondant à la culture démocratique de notre époque.
L’innovation drainée par la reforme Haby se perd dans la contestation et, malgré le collège unique, la forme scolaire reprend ses droits. Pas tout à fait cependant, car l’enseignement traditionnel est désormais amputé de sa légitimité autoritaire.
Il résulte de la persistance de cet imaginaire de domination alors qu’il faudrait s’engager dans la recherche d’un nouveau modèle d’éducation correspondant à la culture démocratique de notre époque.
L’innovation drainée par la reforme Haby se perd dans la contestation et, malgré le collège unique, la forme scolaire reprend ses droits. Pas tout à fait cependant, car l’enseignement traditionnel est désormais amputé de sa légitimité autoritaire.
La fin d’un consensus
Apres les années 1975, on assiste à la séparation des continents du savoir et de la vie scolaire. Deux lieux disjoints opèrent chacun de leur coté selon leur philosophie, leur style, leur méthode : l’enseignement dans la classe avec des pratiques héritées de la tradition, la « discipline » dans la vie scolaire avec un nouveau regard inspiré des attentes libérales. L’enseignement responsable de la transmission du savoir exige de la discipline. Mais ce problème devient épineux car la discipline ne fait plus consensus, y compris parmi de nombreux enseignants.
Apres les années 1975, on assiste à la séparation des continents du savoir et de la vie scolaire. Deux lieux disjoints opèrent chacun de leur coté selon leur philosophie, leur style, leur méthode : l’enseignement dans la classe avec des pratiques héritées de la tradition, la « discipline » dans la vie scolaire avec un nouveau regard inspiré des attentes libérales. L’enseignement responsable de la transmission du savoir exige de la discipline. Mais ce problème devient épineux car la discipline ne fait plus consensus, y compris parmi de nombreux enseignants.
La dissolution du cadre normatif
Faute de conception commune, la discipline fait l’objet de tensions entre de multiples acteurs : l’enseignant qui a besoin de discipline pour enseigner mais affirme que ce n’est pas son rôle ; les acteurs de la vie scolaire qui travaillent sur la socialisation à long terme ; le ou les parents qui formulent des attentes consuméristes différenciées ; l’élève qui s’affirme de plus ne plus avec ses propres besoins et des stratégies spécifiques.
Faute de conception commune, la discipline fait l’objet de tensions entre de multiples acteurs : l’enseignant qui a besoin de discipline pour enseigner mais affirme que ce n’est pas son rôle ; les acteurs de la vie scolaire qui travaillent sur la socialisation à long terme ; le ou les parents qui formulent des attentes consuméristes différenciées ; l’élève qui s’affirme de plus ne plus avec ses propres besoins et des stratégies spécifiques.
La socialisation démocratique
En l’absence de cadre normatif clair, les élèves trouvent de nouveaux repères comportementaux. La ou la discipline apportait un modèle simple, homogène, universel, transmissif, tourné vers les apprentissages scolaires, les références juvéniles sont désormais autonomes, groupales, éclatées à l’infini, tyranniques. Elles se développent à l’écart et en tension avec les attentes de l’institution.
Forgée au sein d’un groupe de paris et des réseaux sociaux, marquée par son appartenance sociale, culturelle, territoriale, cette socialisation individualiste déconstruit le lien social et modifie la relation à l’autre. C’est la raison pour laquelle dans l’univers social de l’école se manifestent des actes d’incivilité, de violence, de discrimination, de harcèlement, de déviance, de délinquance mais aussi des phénomènes anti-scolaire ou de mise à distance stratégique scolaire.
En l’absence de cadre normatif clair, les élèves trouvent de nouveaux repères comportementaux. La ou la discipline apportait un modèle simple, homogène, universel, transmissif, tourné vers les apprentissages scolaires, les références juvéniles sont désormais autonomes, groupales, éclatées à l’infini, tyranniques. Elles se développent à l’écart et en tension avec les attentes de l’institution.
Forgée au sein d’un groupe de paris et des réseaux sociaux, marquée par son appartenance sociale, culturelle, territoriale, cette socialisation individualiste déconstruit le lien social et modifie la relation à l’autre. C’est la raison pour laquelle dans l’univers social de l’école se manifestent des actes d’incivilité, de violence, de discrimination, de harcèlement, de déviance, de délinquance mais aussi des phénomènes anti-scolaire ou de mise à distance stratégique scolaire.
Un sujet tabou
La discipline est un sujet tabou car elle continue à cristalliser la réputation et la compétence de l’enseignant. Il est donc difficile d’en parler sans franchir les aspects les plus intimes de la professionnalité. A travers des stratégies adaptatives les enseignants reconstruisent de façon minimale une pseudo discipline. Un ordre scolaire qui, faute de mieux, permet de « tenir la classe ».
La discipline est un sujet tabou car elle continue à cristalliser la réputation et la compétence de l’enseignant. Il est donc difficile d’en parler sans franchir les aspects les plus intimes de la professionnalité. A travers des stratégies adaptatives les enseignants reconstruisent de façon minimale une pseudo discipline. Un ordre scolaire qui, faute de mieux, permet de « tenir la classe ».
Un nouveau droit de punir
Dans le courant des années 1980, on assiste à une extension et à un renforcement de la sanction disciplinaire. Le masque tombe, les leçons de Michel Foucault (enseigner ce n’est pas discipliner) sont oubliées, l’Ecole réapparait dans sa forme coercitive. Le milieu enseignant épuise l’ambivalence de l’obligation disciplinaire : le savoir s’impose par la contrainte.
Dans le courant des années 1980, on assiste à une extension et à un renforcement de la sanction disciplinaire. Le masque tombe, les leçons de Michel Foucault (enseigner ce n’est pas discipliner) sont oubliées, l’Ecole réapparait dans sa forme coercitive. Le milieu enseignant épuise l’ambivalence de l’obligation disciplinaire : le savoir s’impose par la contrainte.
Le symbole du pouvoir
Pratique sommaire, peu pensée, ressentie comme abusive et inefficace par les élèves, souvent contestée par les parents, la punition fait l’objet d’un renversement paradoxal car elle ajoute du désordre aux perturbations qu’elle vise à combattre. Elle traduit sur le plan symbolique le statut de l’adulte à l’école. Dans le doute de l’autorité, l’adulte émet des signes de pouvoir qui affichent sa prééminence, restaurent les apparences de l’asymétrie éducative désormais perdue.
Pratique sommaire, peu pensée, ressentie comme abusive et inefficace par les élèves, souvent contestée par les parents, la punition fait l’objet d’un renversement paradoxal car elle ajoute du désordre aux perturbations qu’elle vise à combattre. Elle traduit sur le plan symbolique le statut de l’adulte à l’école. Dans le doute de l’autorité, l’adulte émet des signes de pouvoir qui affichent sa prééminence, restaurent les apparences de l’asymétrie éducative désormais perdue.
L’exclusion de cours
Si l’exclusion de cours est une procédure légitime, son abus fait « scandale » non seulement pour ses relents théologiques, mais parce qu’elle représente une tradition institutionnelle : elle n’éduque pas, au contraire, elle soustrait l’élève à l’éducation et néglige le risque de la faire glisser dans l’absentéisme.
Si l’exclusion de cours est une procédure légitime, son abus fait « scandale » non seulement pour ses relents théologiques, mais parce qu’elle représente une tradition institutionnelle : elle n’éduque pas, au contraire, elle soustrait l’élève à l’éducation et néglige le risque de la faire glisser dans l’absentéisme.
Les limites du droit
Dans l’intimité de la relation éducative, chacun a de bonnes raisons d’interpréter le droit à sa façon. Au lieu d’être comprises et expliquées, les règles réprimant le téléphone, les écouteurs… sont parfois dénigrés par les adultes eux même. Le mythe de la liberté de l’enseignant fait obstacle à l’émergence d’un droit scolaire cohérent, ancré dans l’espace éducatif.
Dans l’intimité de la relation éducative, chacun a de bonnes raisons d’interpréter le droit à sa façon. Au lieu d’être comprises et expliquées, les règles réprimant le téléphone, les écouteurs… sont parfois dénigrés par les adultes eux même. Le mythe de la liberté de l’enseignant fait obstacle à l’émergence d’un droit scolaire cohérent, ancré dans l’espace éducatif.
Les incivilités
Personne ne sait ou commence la violence et comment distinguer la petite violence de l’indiscipline. Ce qui semble le plus gênant ce sont ces débordements du quotidien, ces micro-violences de chaque instant que l’on désigne sous le terme d’ « incivilités ». certaines incivilités se retrouvent à peu près partout, sous des formes différentes. Elles concernent la tenue vestimentaire, l’équipement, mais aussi le comportement à l’égard des pairs et des adultes. Ces pratiques de sociabilité traduisent la contestation de l’autorité formelle, des comportements de provocation à l’égard des adultes. Dans certains établissements on assiste à la concentration d’incivilités qui font de la vie scolaire un lieu de tension et de conflits.
Personne ne sait ou commence la violence et comment distinguer la petite violence de l’indiscipline. Ce qui semble le plus gênant ce sont ces débordements du quotidien, ces micro-violences de chaque instant que l’on désigne sous le terme d’ « incivilités ». certaines incivilités se retrouvent à peu près partout, sous des formes différentes. Elles concernent la tenue vestimentaire, l’équipement, mais aussi le comportement à l’égard des pairs et des adultes. Ces pratiques de sociabilité traduisent la contestation de l’autorité formelle, des comportements de provocation à l’égard des adultes. Dans certains établissements on assiste à la concentration d’incivilités qui font de la vie scolaire un lieu de tension et de conflits.
La violence
Le traitement des incivilités se distingue de la problématique de la violence ? avec les incidents concernant les atteintes aux personnes et aux biens, l’incivilité bascule dans la catégorie de la violence. Dans un premier temps, il s’agit de prévenir, de mettre en place des dispositifs éducatifs afin d’identifier et de qualifier les comportements interdits à l’école. Toute la communauté éducative est conviée à réfléchir à ces problèmes et à construire cette culture de la sécurité.
Le traitement des incivilités se distingue de la problématique de la violence ? avec les incidents concernant les atteintes aux personnes et aux biens, l’incivilité bascule dans la catégorie de la violence. Dans un premier temps, il s’agit de prévenir, de mettre en place des dispositifs éducatifs afin d’identifier et de qualifier les comportements interdits à l’école. Toute la communauté éducative est conviée à réfléchir à ces problèmes et à construire cette culture de la sécurité.

