CPE 2018


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vendredi 29 juin 2018

♥ Le décrochage

Le décrochage
L’institution est très préoccupée par ces phénomènes qui conduisent au décrochage. En témoignent les très nombreux rapports qui se succèdent depuis 1996, mais aussi les rappels dans chaque circulaire de rentrée et les nombreux dispositifs pour prévenir, connaître et prendre en charge les élèves prématurément sortis du système scolaire.
Un enjeu scolaire et institutionnel
Il laisse un soupçon sur la capacité de l’école à remplir sa mission d’apprentissage et d’intégration Le décrochage fait le constat sidèrent d’une école qui, au lieu de former des acteurs sociaux, fabrique au contraire des individus désaffiliés, en conflit avec les enseignants et en rupture brutale avec la société. Encore faut il préciser que ce n’est pas l’absentéisme qui conduit à la délinquance mais plutôt l’inverse : le réseau de sociabilité et de solidarité autour de la délinquance suscite l’absentéisme plus qu’il n’en est la conséquence.
Un enjeu social
Les nombreuses études sur le devenir des jeunes qui abandonnent l’école précocement montrent que le décrochage hypothèque lourdement l’insertion sociale. Ces jeunes sont surexposés au chômage, à la précarité, et à la contrainte des contrats courts ou à temps partiels. Plus grave encore, ils risquent de transmettre cette situation inconfortable à leurs propres enfants.
Un enjeu civique et politique
La capacité à participer à la vie politique est amoindrie. La conscience citoyenne devient quasi inaccessible. Ainsi, le décrochage est une vraie bombe à retardement faisant exploser l’insertion sociale et politique.
Un enjeu économique
Le décrochage représente une charge économique considérable. Le cout du décrochage est d’environ 220000 à 230000 par décrocheur : cela représente le cout de l’accompagnement en formation initiale, le cout de la prise en charge dans des formations secondes et le cout des prestations sociales.
Une politique de la personne
La prévention du décrochage est d’abord une politique de la personne. Chaque élève évolue à partir de son histoire et de ses aptitudes. L’organisation institutionnelle ne peut pas économiser le respect de chacun, notamment dans des circonstances éducatives ou le sujet s’est construit une image de soi négative et une conscience victimaire. Il faut donc faire « réparation » de la personne.
Un accompagnement bienveillant
La politique de la personne repose sur l’accompagnement grâce à des dispositifs d’écoute comme le tutorat, l’aide aux devoirs et aux leçons, les fiches. Lorsque l’écart à la norme collective est trop important, il faut envisager, dans le même esprit  de respect et de bienveillance, des solutions alternatives de réaménagement des programmes en alternance avec la découverte professionnelle, des PPRE qui visent à reconstituer les bases scolaires défaillantes.
La classe relais
Dans les cas de difficulté de socialisation plus profondes, le recours à la clesse relais peut s’avérer nécessaire, non pour « se débarrasser » de l’élève, mais pour l’aider à reconstituer des bases, revaloriser son estime de soi et se fabriquer de nouvelles motivations pour un véritable projet d’insertion.
Le cas de l’exclusion
On évitera le risque d’incompréhension en limitant l’exclusion de cours et en l’intégrant dans un dispositif d’accueil temporaire de suivi pédagogique pendant le temps de l’exclusion. Les exemples de cellules d’accueil pour les élèves exclus de cours sont nombreux depuis longtemps : elles renouent les liens brisés et relancent l’élève dans sa scolarité.
Le management au quotidien
Grâce à des dispositifs d’écoute, de veille et de concertation, la politique d’établissement repere rapidement les difficultés qui surviennent. Equipe éducative, celle de veille et commission éducative sont les fondements institutionnels de ce management du quotidien. Des qu’un eleve commence à s’absenter ou à s’agiter anormalement, il doit être entendu sans délais.
Un partenariat nécessaire
Face à des élèves souvent difficiles, l’établissement dispose de ressources limitées. C’est pourquoi la politique d’établissement recourt au partenariat. Elle cherche des ressources et des partenaires au sein des entreprises, de la politique de la ville, des associations périscolaire d’aide aux devoirs comme l’AFEV et bien d’autres.
L’aide à la parentalité
Le décrochage est très souvent la conséquence d’une famille défaillante, submergées par la précarité sociale et dans l’incapacité d’assurer l’éducation des enfants. C’est pourquoi l’action en direction des parents constitue un pilier de lutte contre l’absentéisme. La recherche de l’implication des parents est un travail du quotidien qui peut prendre des formes plus construites comme le dispositif « mallette des parents » qui consiste à déplacer l’intervention sur les questions de la parentalité de l’approche éducative et du suivi de la scolarité. La politique des parents est un volet indispensable de la lutte contre le décrochage.
Au bord du scolaire
Alors même que les carences cognitives sont à l’origine du décrochage et des perturbations scolaires associées, le programme pédagogique est le grand absent de cette politique qui se réduit à des démarches personnalisées de rattrapage scolaire, ‘alternance en vue d’une orientation vers la voie professionnelle ou de resocialisation. La limitation des redoublements qui constitue un des pistes de luttes contre le décrochage peine à se mettre en place car la prise en charge des lacunes accumulées n’est pas imaginable dans un cursus progressif par bloc de niveau. De même, l’orientation reste mal préparée parce que la diversification des parcours est impensable dans un système égalitariste polarisé par les filières générales d’excellence.
Le décrochage est manifestement la plaie de la scolarité. En affichant délibérément le refus de toute scolarisation, il représente le scandale de l’école de la république et du droit démocratique. La décrochage constitue le miroir d’une société désintégrée qui génère de multiples formes de rupture, de désaffiliation et d’exclusion.

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Pink Bobblehead Bunny